lundi 11 décembre 2017

Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre




Titre du livre :
Au revoir là-haut
Auteur :
Pierre Lemaitre
Editions :
Albin Michel, Le livre de poche
Genre :
Roman historique
Date de sortie :
Août 2013
Pages :
567
Thèmes :
Première guerre mondiale, amitié, arnaque, escroquerie, vengeance, poilus, après-guerre

Résumé éditeur :
« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. »
Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts...
Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Mon avis :
Ma lecture d’Au revoir là-haut m’a fait passer par différents stades. Entre horreur et dégoût, stupeur et choc, ce qui est sûr c’est qu’une fois qu’une fois passé l’horreur des premiers chapitres et une fois que j’ai entrevu l’intrigue et les enjeux, il m’était impossible de lâcher ce livre.
Dans le premier chapitre nous sommes en novembre 1918 et nous assistons à l’un des derniers combat sur le front. On rencontre le soldat Albert et on assiste littéralement à sa mort, enseveli vivant. C’est une mort horrible. Les descriptions sont insoutenables. L’auteur nous livre les dernières pensées du soldat. Il pense à sa mère, à sa chérie et au lieutenant Pradelle qu'il a poussé au fond du trou. Il lutte jusqu'à la dernière seconde pour respirer.
L’auteur nous met dans l’ambiance et joue avec nos nerfs dès les premiers chapitres, personnellement j’ai aimé être surprise par ces rebondissements.

Nous rencontrons également rapidement le lieutenant Pradelle, nous en avons un portait dès le 2ème chapitre. C’est un aristocrate déchu, le dernier encore en vie de sa famille. Il est prêt à tout pour monter en grade et se refaire un nom glorieux. C’est un homme cruel, une pourriture qui tue sans scrupule.

Et puis dans le troisième chapitre nous rencontrons Édouard. C’est un soldat blessé à la jambe qui est dans le même régiment qu’Albert, ils se rencontrent pour la première fois sur le front, l’un tentant de sauver la vie à l’autre.
Une relation touchante nait entre les deux hommes qui formeront un sacré duo durant tout le roman. Albert et Édouard sont deux survivants mais ils sont tous les deux morts à l’intérieur. Ils vont partager leurs douleurs, Albert s’occupera d’Edouard et le fournira en morphine autant qu’il le peut.

La relation entre Édouard et Albert est complexe et brumeuse, difficilement cernable. J’ai aimé les découvrir et tenter de les comprendre en rentrant dans leur tête.

Comment tirer profit de la fin de la guerre ? Comment continuer à vivre quand on est déjà mort ?

Vous découvrirez comment l’idée d’une arnaque d'ampleur nationale va germer en eux et comment ils vont la mettre en pratique. Avis aux amateurs d’escroqueries, des quenelles vont être glissées de tous les côtés.

L’auteur met en lumière les failles de l'administration, l'hypocrisie des institutions et la corruption.
La guerre a ravagé le pays et les cadavres s’entassent en attente d’une sépulture décente. Certains vont se poser la question de comment en tirer profit. Le lieutenant Pradelle qui représente l’autorité va flairer un bon filon dans le commerce de cercueils tandis que notre duo de Poilus s’intéressera aux monuments aux morts.

L’écriture de Pierre Lemaitre est crue et vulgaire, il retranscrit très bien les paroles des poilus. Malheureusement le style est ce qui m’a le moins plu.
Cependant l’alternance des points de vue Albert/Pradelle apporte un très bon rythme. L’auteur a vraiment un don pour raconter son histoire et pour passionner son lecteur.

Édouard se faisant passer pour mort retrouvera t'il sa famille ? Albert retrouvera t'il Cécile ? Pradelle paiera-t-il un jour pour ses crimes ?

Ce que j’ai le plus aimé :
► La relation ultra complexe entre Albert et Edouard
► Le rythme effréné et l’intrigue qui avance très bien
► L’intrigue est passionnante !

Ce que j’ai moins aimé :
►La plume de l'auteur ne laissera personne indifférent, elle m'a touché mais je ne suis pas fan

Est-ce que je vous le conseille ?
Sans aucun doute. Je vous conseille de vous lancer dans cette lecture sans trop en savoir, les surprises n’en seront que meilleures !

En quelques mots :
C’est un roman historique absolument passionnant et qui mérite son succès. Attention aux âmes sensibles, l’auteur ne nous épargne rien. Les personnages inventés par l’auteur resteront dans ma mémoire notamment Albert et Edouard, deux Poilus fracassés par la guerre.


Ma note pour ce livre :
4,75/5



mardi 5 décembre 2017

La Passe-miroir tome 2 : Les disparus du clairedelune - Christelle Dabos




Titre du livre :
La Passe-miroir tome 2 : Les disparus du clairedelune
Auteur :
Christelle Dabos
Editions :
Gallimard Jeunesse
Genre :
Fantasy ado
Date de sortie :
Novembre 2015
Pages :
551
Thèmes :
Pouvoir magique, clan, intrigues de cour, illusions, enquête

Résumé éditeur :
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Mon avis :
Je vous livre aujourd’hui mes notes sur ma lecture du tome 2 de La Passe-miroir.
J’ai davantage apprécié cet opus que le tome 1 (Mon avis sur le tome 1 ici) car on assiste à une belle évolution du personnage d’Ophélie et on a davantage d’action, l’auteure a cette fois su me capter dans son monde jusqu’au bout. J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir.
/ !\ je vous déconseille de lire la suite de mon avis si vous n’avez pas lu ce tome 2 car je parle de certains événements avec des détails qui pourraient gâcher votre découverte. / !\ RDV en bas de l’article : En quelques mots

Dans ce deuxième tome j'ai l'impression que notre héroïne Ophélie gagne en profondeur et en caractère donc ça commence enfin à me plaire en effet dans le premier tome même si j'avais plutôt bien aimé l'imaginaire et le monde dans lequel on évoluait, j'avais cependant reproché au personnage principal Ophélie de n'être pas assez affirmée je la trouvais molle et elle s'était posée la question un peu trop tard de savoir pourquoi c'était elle qui avait été choisi pour être fiancée à Thorn. 

En effet pour rappel Ophélie a le don de liseuse c'est un talent assez rare et c'est un talent qui est convoité par Farouk l'esprit de famille car il possède un grand livre secret qui ne peut-être déchiffrer que par le talent d'Ophélie.
Ici d'emblée le rythme s'accélère et les actions s'enchaînent. Ophélie est maintenant plus ou moins intégrée la cour de Farouk mais elle doit encore faire beaucoup d'efforts on la voit ici évoluer parmi les mirages et parmi la cour de Farouk. Ce dernier semble s'intéresser particulièrement à Ophélie et il la nomme vice conteuse. Forte de cette nouvelle responsabilité et de ce nouveau titre Ophélie fait ses débuts à la cour. Les personnages sont toujours autant énigmatiques et nous évoluons toujours dans une ambiance bercée d'illusions. 

J'en suis à la moitié du livre et pour l'instant j'aime beaucoup la tournure que prend les événements par contre je trouve que la relation entre Thorn et Ophélie est toujours au point mort et cela est terriblement frustrant mais lorsqu'il offre sa montre à Ophélie nous avons enfin un geste envers sa future femme et la phrase qui l'accompagne nous donne enfin un peu d'espoir quant à leur relation par contre leur absence totale de rapprochement physique ou même affectif est complètement déstabilisant et agaçant. Le mariage de nos deux personnages se prépare, on commence à sentir une petite pression et un petit stress et un suspens par rapport à cette union puisque nous savons que ce mariage aura des conséquences et que beaucoup de gens s'y oppose.
En parallèle de ça nous avons une intrigue sous forme d'enquête car un personnage de la cour a disparu.

Quelque chose que j'aime bien dans ce tome c’est que nous commençons à en apprendre plus sur Anima et sur les doyennes et on commence à se rendre compte que ce sont elles qui tirent les ficelles du destin d'Ophélie. Ophélie gagne en assurance et j'aime plutôt bien cet aspect-là. L'écriture de Christelle Dabos est toujours autant poétique et ce qui est certain c'est qu'elle nous emmène toujours aussi loin. ll faut également souligner que ce qui est remarquable avec cette saga c'est que l'auteure ne prend pas le parti de la facilité ; son univers est complexe, l'évolution de son personnage principal est longue mais on commence à la voir se développer. Ophélie est une jeune fille qui galère qui a du mal à s'en sortir mais qui se bat qui affronte les difficultés, les trahisons, les mensonges et qui avance dans ce monde embrumé, plein de mystère et de danger tant bien que mal.
 Tout ne lui tombe pas comme par comme par magie dans les mains elle doit se battre et j'adore cet aspect-là.

Dans cet univers, un parallèle peut largement être établi avec la société de Louis XIV l'univers dans lequel on évolue dans ce roman fait fortement penser à une monarchie absolue. Farouk fait fortement penser à Louis XIV avec sa cour Berenilde fait figure un peu de favorite du roi. Nous avons des intrigantes, des bals, un protocole, des majordomes. Les gens qui vivent à la Citacielle sont organisés selon protocole établi, on a les aristocrates et on sent bien qu’ils détestent et ont un mépris absolu pour le peuple. On a aussi une très forte notion de censure dans cet univers. On se rend compte que les pouvoirs des chroniqueurs et des gens qui gardent la mémoire du pôle et des différentes arches, ce sont des gens qui se sont peut-être rebellés et qui sont maintenant réduits au silence. On se doute bien que le pouvoir en place essaye tant bien que mal d'étouffer et de garder secret une bonne partie de la mémoire collective afin d'éviter tout soulèvement toute rébellion. Le travail des archivistes est quand même assez bien contrôlé et on se doute bien que les aristocrates et le pouvoir dirigeant ne veulent pas que certaines informations quant à leur passé ressurgissent.

Vers la moitié du bouquin Ophélie retrouve sa famille quelques jours avant son mariage et elle retrouve notamment Hector son petit frère c'est un personnage que j'aime beaucoup car il est très curieux et pose sans cesse la question pourquoi sur tout et n'importe quoi.

Pourquoi vous êtes détestable ? Page 270 (Hector à Thorn)

Dans ce tome on apprend qu'il existe un clan nommé les Déchus ce sont des personnes anciennement aristocrate ou noble qui possédaient des pouvoirs mais qui se sont vus exilées et qui se sont vus privées de leur pouvoir après avoir commis un délit (donc offensé leur esprit de famille) ou bien parce qu’ils s’étaient rebellés où avaient posé trop de questions.

Ophélie reçoit des lettres mystérieuses anonymes dans lesquelles elle se voit menacée de mort si jamais son mariage avec Thorn vient à se concrétiser. Pendant tout le livre nous nous demandons donc qui envoie ces lettres anonymes de menaces de mort à Ophélie.

Dans ce tome 2 Thorn entreprend une enquête et il va tenter de faire réhabiliter les déchus ce qui va lui causer des ennuis et des bâtons dans les roues.

« Ah et au fait je vous aime »

Ce que j’ai le plus aimé :
► Archibald.
► Les personnages secondaires.
► L’évolution d’Ophélie qui est en plein milieu des intrigues à la cour.
► Les intrigues à la cour, coup de théâtre, faux-semblants, tricherie

Ce que j’ai moins aimé :
► Thorn. Désolé ce personnage je n’arrive pas à l’aimer. Glacial, coincé et exaspérant. Je ne comprends pas son comportement avec Ophélie.


Est-ce que je vous le conseille ?
Laissez-vous embarquer dans cet univers un peu loufoque et très original, ça vaut le coup !

En quelques mots :
Dans ce tome j’ai appris à apprécier le personnage d’Ophélie.
Le tome 1 part dans tous les sens mais ici les intrigues et les complots qui se déroulent à la cour sont captivants ! 


Ma note pour ce livre :
4/5