mercredi 23 novembre 2016

Le chardonneret - Donna Tartt - Alerte Pépite Littéraire

Je sais d’avance que je vais avoir du mal à écrire cette chronique. Je me doute que ça va être très compliqué de lui rendre hommage. Ce n’est pas le fait qu’il ait reçu le prix Pulitzer 2014 qui m’a attiré. C’est la quatrième de couverture de mon édition : « Un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Un chef d’œuvre inestimable. C’est le moment de vous offrir une œuvre d’art. »

Titre du livre :
Le chardonneret
Auteur :
Donna Tartt
Editions :
Pocket (édition limitée)
Genre :
roman
Date de sortie :
Novembre 2015
Pages :
1100
Thèmes :
Art, amitié, traumatisme, adolescence, vices



Résumé éditeur :

C’est un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Inestimable.
La raison pour laquelle Theo Decker, 13 ans, s’est retrouvé en possession de ce chef d’œuvre de l’art flamand est une longue histoire…Un hasard qui, huit ans après ce jour tragique de pluie et de cendres à New York, l’obsède toujours autant.
Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le Chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Theo et préside à son étrange destin…

Mon avis :

Ma première lecture de Donna Tartt fut Le maitre des illusions que j’avais bien aimé mais ce ne fut pas une lecture facile, ses histoires sont complexes, détaillées, longues, la psychologie des personnages est très travaillée. Il faut s’accrocher !

Aujourd’hui je vous parle du Chardonneret, un pavé de plus de mille pages avec une histoire très dense. Ce livre m’a complétement retourné. C’est une lecture qui a été crescendo, au début je me demandais où l’auteur voulait m’emmener, mais je l’ai aimé de plus en plus au fil des pages. La tension dramatique est de plus en plus intense, je trouve que le récit est très bien mené, construit intelligemment, et une multitude de thèmes sont développés.

Dans ce livre on suit Théo 13 ans qui va vivre un drame avec sa mère dès le premier chapitre. Je vous laisse découvrir ce que c’est, je vous dis juste que c’est un événement qui va changer sa vie à jamais pour deux raisons. Premièrement parce qu’il devra vivre avec ce traumatisme qui engendrera dépression, culpabilité, solitude, renfermement.
Deuxièmement car sa vie sera désormais liée à un minuscule tableau de maître ; Le chardonneret de Fabritius, peintre flamand du 17ème siècle.
Le tableau va devenir pour Théo à la fois une source inépuisable de fascination et de refuge et en même temps ça va devenir pour lui un énorme fardeau.

On suit Théo pendant une dizaine d’années, il nous livre ses angoisses, ses doutes, ses pensées les plus profondes et on s’attache beaucoup à ce personnage. Il sera trimbalé de New York à Las Vegas puis aux Pays-Bas. Pardonnez-moi mais il aura vraiment une vie de merde, il s’en prend plein la tronche tout au long de l’histoire ! L’auteur nous dépeint une société et une jeunesse qui noie ses problèmes dans l’alcool, la drogue et qui est tentée par l’argent sale.
Le climat dans lequel on évolue est tendu, étouffant, malsain, angoissant. L’atmosphère est très noire et le point de vue pessimiste mais Théo trouvera tout de même des « bouées de sauvetage » notamment dans le personnage d’Hobie et de Boris.

Ce livre c’est aussi l’histoire d’une belle amitié entre Théo et Boris, mais qui devient néfaste au fil du temps. Les deux garçons sont à l’opposés l’un de l’autre, Théo est renfermé, malheureux, Boris est plus exubérant et désireux de faire de nouvelles expériences. On peut dire qu’il aura une mauvaise influence sur Théo car il l’entrainera sur la pente dangereuse de l’alcool et des drogues.

Ce que j’ai trouvé remarquable c’est que à aucun moment on ne sent le jugement de l’auteur, elle ne juge JAMAIS ses personnages, pourtant on a des personnages bien bousillés, qui ne font pas toujours les bons choix.

La tension dramatique dans ce livre est très intense et m’a tenu en haleine tout du long. Donna Tartt a un talent fou pour décrire les états d’âmes des personnages, les peurs, les doutes, la solitude, l’angoisse, le sentiment de tristesse et de désespoir…
Ce livre est un condensé d’émotions !

L’auteur m’a bluffé aussi car son récit est extrêmement visuel, lors de ma lecture c’est comme si je regardais un film américain, son écriture est cinématographique et ça en est que plus agréable à lire. Personnellement je voyais très bien Bradley Cooper dans le rôle du père de Théo, un connard fini, violent, alcoolique, accro aux jeux. J’avais parfois aussi en tête une ambiance à la Very Bad Trip quand les personnages se mettent la tête à l’envers.

La fin est tout en palpitations. L’auteur propose une réflexion sur l’art, sur la beauté et sur le bien et le mal. Théo fait des choix pas toujours compréhensibles mais ce que nous amène à penser l’auteur c’est justement que chaque mauvais choix est peut-être nécessaire pour parvenir au bien et au bonheur ?

En bref, j’ai savouré ce livre, Donna Tartt est une grande auteure et nous livre là une œuvre aboutie, je ne serai pas étonnée que ce livre devienne un classique d’ici quelques années aux Etats-Unis.
Ce fut une lecture coup de poing.
Ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve avec une telle pépite entre les mains. C’est le genre de livre qui nous marque et qu’on n’oubliera jamais.

Citations :
« Tu serais étonné Théo, comme des petites choses quotidiennes peuvent sauver du désespoir, […] Mais personne ne peut le faire à ta place. C’est toi qui dois chercher la porte ouverte. » p.241

« Quand je regardais le tableau, j’éprouvais la même convergence en un seul et unique point : un bref instant touché par le soleil qui existait maintenant et pour toujours. C’est fortuitement que je remarquais la chaine à la cheville de l’oiseau, ou que je songeais combien la vie de cette petite créature, battant brièvement des ailes puis toujours forcée, sans espoir, d’atterrir au même endroit, avait dû être cruelle. » p.436

« Un cœur égaré. Le fétichisme du secret. Ces gens comprenaient, comme moi, les méandres obscurs de l’âme, les chuchotements et les ombres, l’argent qui glisse d’une main à l’autre, le mot de passe, le code, le second soi, toutes les consolations cachées qui élevaient la vie au-dessus de l’ordinaire et faisaient qu’elle valait la peine d’être vécue » p.748

En quelques mots :
Un livre inoubliable, une ode à l’art et à la vie dans ce qu’elle a de plus douloureux. Ce livre m’a beaucoup touché et je le recommande aux amoureux de la littérature et des mots. Une pépite.


Ma note pour ce livre :
5/5



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